On vous a dit que c'était le côlon irritable. Ou peut-être "une sensibilité intestinale". Ou simplement "le stress". Et depuis des mois — parfois des années — vous vivez avec des ballonnements qui n'ont aucune logique, un transit imprévisible, des douleurs abdominales après chaque repas. Ce que personne ne vous a peut-être dit : derrière un diagnostic de SII, il y a très souvent un SIBO non identifié.
Le SII : un diagnostic sans cause
Le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII), anciennement appelé colopathie fonctionnelle, est le diagnostic le plus fréquemment posé en gastro-entérologie. Il touche entre 10 et 15 % de la population mondiale adulte, avec une nette prédominance féminine — environ 2 femmes pour 1 homme.
Mais voici ce que ce diagnostic signifie réellement : c'est un diagnostic d'exclusion. Le médecin a écarté ce qu'il pouvait écarter (maladies inflammatoires, cancer, pathologies structurelles), n'a rien trouvé d'objectif, et pose le SII sur la base de critères cliniques descriptifs — les critères Rome IV.
Le SII, en lui-même, ne dit pas pourquoi votre intestin se comporte ainsi. Il dit juste comment il se comporte. Et c'est là le problème fondamental : traiter le SII sans chercher la cause sous-jacente, c'est gérer des symptômes à vie sans jamais s'en libérer.
Le SII n'est pas une cause. C'est une description. Et derrière cette description, il y a presque toujours quelque chose à trouver.
— Sabrina Castelli, naturopathe & ancienne patiente SII/SIBOCe qui se passe réellement dans le SII
Le SII implique principalement le côlon (gros intestin). Il se caractérise par :
- Une hypersensibilité viscérale — le seuil de perception des contractions intestinales est abaissé. Des mouvements normaux sont ressentis comme douloureux.
- Des perturbations de la motricité colique — le gros intestin se contracte de façon anarchique.
- Une micro-inflammation de la muqueuse, souvent de faible intensité mais persistante.
- Un axe intestin-cerveau perturbé — stress, émotions et symptômes digestifs se renforcent mutuellement.
Le SIBO : une cause, pas un syndrome
Le SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth — prolifération bactérienne de l'intestin grêle) est d'une nature radicalement différente du SII. Ce n'est pas un trouble de la sensibilité. C'est un problème de localisation et de quantité de bactéries.
L'intestin grêle devrait être pratiquement stérile en comparaison du côlon. Quand des bactéries — souvent originaires du côlon — prolifèrent dans l'intestin grêle, elles fermentent les glucides de votre alimentation avant même qu'ils n'aient pu être absorbés. Cette fermentation prématurée produit des gaz (H₂, CH₄ ou H₂S) et génère :
- Des ballonnements importants et rapides, souvent dans les 90 minutes suivant le repas
- Des douleurs abdominales postprandiales
- Une malabsorption des nutriments (graisses, vitamines B12, fer, vitamines liposolubles)
- Une altération de la muqueuse intestinale — et une perméabilité accrue
Contrairement au SII, le SIBO est objectivable — il peut être diagnostiqué par un test respiratoire. Et surtout, il est traitable en s'attaquant à ses causes.
SII et SIBO : ce qui les distingue au quotidien
| Critère | SII | SIBO |
|---|---|---|
| Localisation | Côlon (gros intestin) | Intestin grêle |
| Mécanisme | Hypersensibilité viscérale, axe intestin-cerveau | Prolifération bactérienne, fermentation prématurée |
| Timing des symptômes | Variable, souvent lié au stress | Dans les 90 min suivant le repas, systématique |
| Type de ballonnements | Plutôt en fin de journée, variables | Rapides, importants, augmentent avec les fibres et sucres |
| Réaction aux antibiotiques | Peu d'effet ou aggravation | Souvent amélioration temporaire des symptômes |
| Diagnostic | Clinique (critères Rome IV, exclusion) | Test respiratoire H₂/CH₄ objectif |
| Carences associées | Peu fréquentes en dehors de formes sévères | B12, fer, vitamines A/D/E/K fréquentes |
| Lien hormonal | Aggravation en phase lutéale possible | Perturbation de l'estrobolome, impact direct sur les œstrogènes |
Quand les deux coexistent — la règle, pas l'exception
Voilà ce que la recherche nous dit clairement aujourd'hui : le SII et le SIBO ne s'excluent pas mutuellement. Dans la majorité des cas de SII, il y a un SIBO sous-jacent qui entretient ou amplifie le tableau clinique.
Pimentel et al. ont montré dès 2000 que le traitement antibiotique du SIBO améliorait significativement les symptômes du SII. Des travaux plus récents confirment cette relation : traiter le SIBO, c'est souvent améliorer durablement ce qu'on appelait "le côlon irritable".
Ce qui signifie concrètement : si vous avez un diagnostic de SII et que votre situation ne s'améliore pas malgré des années de gestion, la composante SIBO n'a peut-être jamais été explorée.
J'avais un diagnostic de SII depuis 6 ans. J'avais fait l'éviction gluten, l'éviction lactose, le régime FODMAP. Ça aidait un peu mais jamais vraiment. On m'a enfin proposé un test respiratoire : SIBO H₂ positif. En traitant le SIBO, les deux tiers de mes symptômes ont disparu en 3 mois.
— Témoignage d'une cliente accompagnéePourquoi l'approche doit être différente selon le tableau
C'est le point pratique le plus important : certaines recommandations couramment données pour le SII peuvent aggraver un SIBO non identifié.
Par exemple, les prébiotiques et les fibres solubles — recommandés pour le SII pour nourrir le microbiote — constituent précisément le carburant préféré des bactéries en excès dans l'intestin grêle. Les donner sans savoir si un SIBO est présent peut intensifier les ballonnements et les douleurs.
De même, certains probiotiques, certains aliments fermentés ou certains compléments "santé intestinale" peuvent être contreproductifs dans un contexte de SIBO actif.
C'est pourquoi l'identification préalable du tableau dominant n'est pas optionnelle — elle conditionne toute la logique d'accompagnement.
Comment je procède — l'approche qui fait la différence
Identification du tableau prédominant — Consultation de 90 min en visio : analyse des symptômes, de leur timing, des antécédents, des facteurs aggravants. On dessine ensemble votre carte digestive.
Orientation vers le diagnostic si nécessaire — Si le tableau évoque un SIBO, je vous oriente vers un test respiratoire et je travaille avec les résultats pour adapter le protocole.
Protocole PHV adapté à votre réalité — Pas de régime draconien impossible à tenir. Votre protocole est pensé pour votre charge mentale, votre vie sociale, vos contraintes réelles.
Suivi continu et ajustements — Je reste disponible entre les séances. Si quelque chose ne fonctionne pas, on ajuste rapidement — pas lors de la prochaine consultation dans 3 mois.
SII depuis des années sans vraie amélioration ?
Il est peut-être temps d'explorer la piste SIBO. Un bilan naturopathique approfondi permet d'identifier ce qui se passe réellement — et de construire une approche qui a du sens.
Prendre rendez-vous en visio →Questions fréquentes
Sabrina Castelli
12 ans en R&D dans la micronutrition, et moi-même ancienne patiente SII/SIBO — j'ai vécu l'errance diagnostique de l'intérieur. Aujourd'hui je consulte exclusivement en visio pour des femmes partout en France, avec une approche qui part toujours de la cause racine.
Ma méthode PHV (Protocole d'Hygiène Vitale) est construite sur une chronologie de vie complète, un protocole personnalisé évolutif, et un suivi continu entre les séances — parce que le vrai accompagnement ne se limite pas à 90 minutes par séance.
Note : Cet article est rédigé à titre éducatif et informatif. Il ne constitue pas un avis médical ni une recommandation thérapeutique. Toute démarche de santé digestive doit être conduite avec un professionnel de santé.
Sources scientifiques
Pimentel M, Chow EJ, Lin HC. Eradication of small intestinal bacterial overgrowth reduces symptoms of irritable bowel syndrome. Am J Gastroenterol, 2000 ; 95(12) : 3503-3506.
Ghoshal UC, Shukla R, Ghoshal U. Small Intestinal Bacterial Overgrowth and Irritable Bowel Syndrome: A Bridge between Functional Organic Dichotomy. Gut and Liver, 2017 ; 11(2) : 196-208.
Lacy BE, et al. Bowel Disorders — Rome IV criteria. Gastroenterology, 2016 ; 150(6) : 1393-1407.
Pimentel M, et al. ACG Clinical Guideline: Small Intestinal Bacterial Overgrowth. Am J Gastroenterol, 2020 ; 115(2) : 165-178.
Heitkemper MM, Chang L. Do fluctuations in ovarian hormones affect gastrointestinal symptoms in women with irritable bowel syndrome? Gend Med, 2009 ; 6 Suppl 2 : 152-167.
Avertissement : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un diagnostic médical ou une recommandation thérapeutique.