On vous a dit que c'était le côlon irritable. Ou peut-être "une sensibilité intestinale". Ou simplement "le stress". Et depuis des mois — parfois des années — vous vivez avec des ballonnements qui n'ont aucune logique, un transit imprévisible, des douleurs abdominales après chaque repas. Ce que personne ne vous a peut-être dit : derrière un diagnostic de SII, il y a très souvent un SIBO non identifié.

Le SII : un diagnostic sans cause

Le Syndrome de l'Intestin Irritable (SII), anciennement appelé colopathie fonctionnelle, est le diagnostic le plus fréquemment posé en gastro-entérologie. Il touche entre 10 et 15 % de la population mondiale adulte, avec une nette prédominance féminine — environ 2 femmes pour 1 homme.

Mais voici ce que ce diagnostic signifie réellement : c'est un diagnostic d'exclusion. Le médecin a écarté ce qu'il pouvait écarter (maladies inflammatoires, cancer, pathologies structurelles), n'a rien trouvé d'objectif, et pose le SII sur la base de critères cliniques descriptifs — les critères Rome IV.

Le SII, en lui-même, ne dit pas pourquoi votre intestin se comporte ainsi. Il dit juste comment il se comporte. Et c'est là le problème fondamental : traiter le SII sans chercher la cause sous-jacente, c'est gérer des symptômes à vie sans jamais s'en libérer.

Le SII n'est pas une cause. C'est une description. Et derrière cette description, il y a presque toujours quelque chose à trouver.

— Sabrina Castelli, naturopathe & ancienne patiente SII/SIBO

Ce qui se passe réellement dans le SII

Le SII implique principalement le côlon (gros intestin). Il se caractérise par :

10–15%
de la population adulte souffre de SII — la cause digestive fonctionnelle la plus fréquente
54–78%
des patients diagnostiqués SII ont en réalité un SIBO sous-jacent (Pimentel, Ghoshal)
2 pour 1
ratio femmes/hommes dans le SII — une différence largement liée aux hormones

Le SIBO : une cause, pas un syndrome

Le SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth — prolifération bactérienne de l'intestin grêle) est d'une nature radicalement différente du SII. Ce n'est pas un trouble de la sensibilité. C'est un problème de localisation et de quantité de bactéries.

L'intestin grêle devrait être pratiquement stérile en comparaison du côlon. Quand des bactéries — souvent originaires du côlon — prolifèrent dans l'intestin grêle, elles fermentent les glucides de votre alimentation avant même qu'ils n'aient pu être absorbés. Cette fermentation prématurée produit des gaz (H₂, CH₄ ou H₂S) et génère :

Contrairement au SII, le SIBO est objectivable — il peut être diagnostiqué par un test respiratoire. Et surtout, il est traitable en s'attaquant à ses causes.

SII et SIBO : ce qui les distingue au quotidien

Critère SII SIBO
Localisation Côlon (gros intestin) Intestin grêle
Mécanisme Hypersensibilité viscérale, axe intestin-cerveau Prolifération bactérienne, fermentation prématurée
Timing des symptômes Variable, souvent lié au stress Dans les 90 min suivant le repas, systématique
Type de ballonnements Plutôt en fin de journée, variables Rapides, importants, augmentent avec les fibres et sucres
Réaction aux antibiotiques Peu d'effet ou aggravation Souvent amélioration temporaire des symptômes
Diagnostic Clinique (critères Rome IV, exclusion) Test respiratoire H₂/CH₄ objectif
Carences associées Peu fréquentes en dehors de formes sévères B12, fer, vitamines A/D/E/K fréquentes
Lien hormonal Aggravation en phase lutéale possible Perturbation de l'estrobolome, impact direct sur les œstrogènes

Quand les deux coexistent — la règle, pas l'exception

Voilà ce que la recherche nous dit clairement aujourd'hui : le SII et le SIBO ne s'excluent pas mutuellement. Dans la majorité des cas de SII, il y a un SIBO sous-jacent qui entretient ou amplifie le tableau clinique.

Pimentel et al. ont montré dès 2000 que le traitement antibiotique du SIBO améliorait significativement les symptômes du SII. Des travaux plus récents confirment cette relation : traiter le SIBO, c'est souvent améliorer durablement ce qu'on appelait "le côlon irritable".

Ce qui signifie concrètement : si vous avez un diagnostic de SII et que votre situation ne s'améliore pas malgré des années de gestion, la composante SIBO n'a peut-être jamais été explorée.

J'avais un diagnostic de SII depuis 6 ans. J'avais fait l'éviction gluten, l'éviction lactose, le régime FODMAP. Ça aidait un peu mais jamais vraiment. On m'a enfin proposé un test respiratoire : SIBO H₂ positif. En traitant le SIBO, les deux tiers de mes symptômes ont disparu en 3 mois.

— Témoignage d'une cliente accompagnée

Pourquoi l'approche doit être différente selon le tableau

C'est le point pratique le plus important : certaines recommandations couramment données pour le SII peuvent aggraver un SIBO non identifié.

Par exemple, les prébiotiques et les fibres solubles — recommandés pour le SII pour nourrir le microbiote — constituent précisément le carburant préféré des bactéries en excès dans l'intestin grêle. Les donner sans savoir si un SIBO est présent peut intensifier les ballonnements et les douleurs.

De même, certains probiotiques, certains aliments fermentés ou certains compléments "santé intestinale" peuvent être contreproductifs dans un contexte de SIBO actif.

C'est pourquoi l'identification préalable du tableau dominant n'est pas optionnelle — elle conditionne toute la logique d'accompagnement.

Comment je procède — l'approche qui fait la différence

1

Identification du tableau prédominant — Consultation de 90 min en visio : analyse des symptômes, de leur timing, des antécédents, des facteurs aggravants. On dessine ensemble votre carte digestive.

2

Orientation vers le diagnostic si nécessaire — Si le tableau évoque un SIBO, je vous oriente vers un test respiratoire et je travaille avec les résultats pour adapter le protocole.

3

Protocole PHV adapté à votre réalité — Pas de régime draconien impossible à tenir. Votre protocole est pensé pour votre charge mentale, votre vie sociale, vos contraintes réelles.

4

Suivi continu et ajustements — Je reste disponible entre les séances. Si quelque chose ne fonctionne pas, on ajuste rapidement — pas lors de la prochaine consultation dans 3 mois.

SII depuis des années sans vraie amélioration ?

Il est peut-être temps d'explorer la piste SIBO. Un bilan naturopathique approfondi permet d'identifier ce qui se passe réellement — et de construire une approche qui a du sens.

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Questions fréquentes

Comment savoir si j'ai un SII, un SIBO, ou les deux ?
Le timing de vos symptômes par rapport aux repas est un premier indicateur : des ballonnements qui apparaissent systématiquement dans les 90 minutes après avoir mangé évoquent davantage un SIBO. Des symptômes plus variables, liés au stress et à l'état émotionnel, orientent vers une composante SII. En pratique, les deux coexistent souvent. Un test respiratoire permet de confirmer ou d'écarter un SIBO — c'est la seule façon objective de le savoir.
Le régime FODMAP peut-il aggraver un SIBO ?
Oui, le régime FODMAP peut masquer temporairement les symptômes d'un SIBO — en retirant les substrats que les bactéries fermentent — sans s'attaquer à la cause. Ce n'est pas en soi une mauvaise chose à court terme pour soulager l'inconfort, mais ce n'est pas un traitement. Et un régime FODMAP suivi trop longtemps peut appauvrir davantage le microbiote colique, qui a besoin de fibres fermentescibles pour maintenir sa diversité. C'est pourquoi une guidance personnalisée est importante.
Mon médecin m'a dit que le SII ne peut pas être guéri, seulement géré. Est-ce vrai ?
Si le SII est traité comme une entité sans cause, alors oui — on ne peut que gérer les symptômes. Mais si on identifie le ou les mécanismes sous-jacents (SIBO, dysbiose, perméabilité intestinale, hypochlorhydrie, stress chronique) et qu'on les adresse, beaucoup de femmes parviennent à une amélioration durable — pas juste une gestion. Ce n'est pas de la "guérison miracle" — c'est du travail de fond sur le terrain. Mais les résultats sont bien réels.
Est-ce que le stress suffit à expliquer mes symptômes ?
Le stress joue un rôle indéniable — il perturbe la motilité intestinale, augmente la perméabilité de la muqueuse, aggrave l'hypersensibilité viscérale. Mais dans la majorité des cas que je vois en consultation, il n'est pas la seule cause. Il est souvent un amplificateur d'un terrain déjà fragilisé — SIBO, dysbiose, déséquilibre hormonal. "C'est le stress" comme réponse unique est souvent la façon la plus rapide de ne pas chercher plus loin.
Est-ce que le SII est plus fréquent chez les femmes, et pourquoi ?
Oui — avec un ratio d'environ 2 femmes pour 1 homme. Plusieurs facteurs expliquent cette différence : les hormones ovariennes (surtout la progestérone) impactent directement la motilité intestinale, la perméabilité de la muqueuse et la sensibilité viscérale. La fluctuation hormonale cyclique rend les femmes plus sensibles aux variations digestives. À cela s'ajoute le lien direct entre SIBO et déséquilibres hormonaux — via l'estrobolome — qui renforce cette prédominance féminine.
S

Sabrina Castelli

Naturopathe spécialisée SIBO & santé hormonale · Avita Serena

12 ans en R&D dans la micronutrition, et moi-même ancienne patiente SII/SIBO — j'ai vécu l'errance diagnostique de l'intérieur. Aujourd'hui je consulte exclusivement en visio pour des femmes partout en France, avec une approche qui part toujours de la cause racine.

Ma méthode PHV (Protocole d'Hygiène Vitale) est construite sur une chronologie de vie complète, un protocole personnalisé évolutif, et un suivi continu entre les séances — parce que le vrai accompagnement ne se limite pas à 90 minutes par séance.

Note : Cet article est rédigé à titre éducatif et informatif. Il ne constitue pas un avis médical ni une recommandation thérapeutique. Toute démarche de santé digestive doit être conduite avec un professionnel de santé.

Sources scientifiques

Pimentel M, Chow EJ, Lin HC. Eradication of small intestinal bacterial overgrowth reduces symptoms of irritable bowel syndrome. Am J Gastroenterol, 2000 ; 95(12) : 3503-3506.

Ghoshal UC, Shukla R, Ghoshal U. Small Intestinal Bacterial Overgrowth and Irritable Bowel Syndrome: A Bridge between Functional Organic Dichotomy. Gut and Liver, 2017 ; 11(2) : 196-208.

Lacy BE, et al. Bowel Disorders — Rome IV criteria. Gastroenterology, 2016 ; 150(6) : 1393-1407.

Pimentel M, et al. ACG Clinical Guideline: Small Intestinal Bacterial Overgrowth. Am J Gastroenterol, 2020 ; 115(2) : 165-178.

Heitkemper MM, Chang L. Do fluctuations in ovarian hormones affect gastrointestinal symptoms in women with irritable bowel syndrome? Gend Med, 2009 ; 6 Suppl 2 : 152-167.

Avertissement : Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un diagnostic médical ou une recommandation thérapeutique.